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Jeunesse

Le court métrage A Galant Touch, réalisé par les élèves de 5e D du collège Bara, a reçu le 4e Prix (sur 150 concurrents) du concours "Buzzons contre le sexisme". Un projet qui, au-delà de l’éveil des consciences, a permis de souder la classe.

Dès le collège, il est important d’éveiller les enfants aux problématiques des inégalités et des discriminations. Ils y sont parfois eux-mêmes déjà confrontés. C’est dans cet esprit que Fanny Verchère, documentaliste au collège Bara et sa collègue Sophie Latour, professeure d’histoire-géographie et d’enseignement moral et civique, ont décidé de travailler avec leurs élèves autour d’un projet commun. Après un concours d’affiches sur les inégalités l’an passé, elles ont travaillé tout l’été 2016 en vue de préparer un nouveau projet : aborder le sexisme via un court-métrage, présenté au concours «Buzzons contre le sexisme». Une idée qui a enthousiasmé les élèves dès la rentrée.

Humour et galanterie

« Au départ on a dû deviner le thème du projet, à partir de brochures et de slogans, en travaillant par petits groupes puis avec des discussions en commun », détaille Yasmine. Pour Hugo, l’idée de « faire de l’acting » était géniale. Rémi, lui, était « heureux d’avoir ces connaissances des discriminations ». Si Titouan se demandait bien « comment on allait faire, dès que nous avons commencé à travailler dessus, à écrire et à jouer des rôles, c’est devenu très intéressant ».

Le choix du sujet a pris du temps, car les élèves souhaitaient trouver un angle original. Après avoir passé en revue les précédents courts-métrages, s’être informé sur le sexisme, « nous avons choisi la galanterie, car selon les situations, cette attitude devient sexiste si elle ne peut pas être réciproque », explique Jeanne. Et c’est avec une belle dose d’humour qu’ils ont abordé cette thématique.

Sept mois de travail acharné

La contrainte était de réaliser un court-métrage de 7 minutes maximum, à envoyer avant le 15 mars pour la présélection.

De septembre à mars, les 22 élèves n’ont pas compté leur temps. Il a fallu choisir les situations, détailler les scènes, tourner les séquences, etc. Chacun travaillait d’abord par petits groupes puis, grâce à un outil d’écriture collaboratif installé sur l’espace numérique de travail, chacun a pu interagir, modifier les scènes, les enrichir. « Quand on manquait d’idées, d’autres venaient nous aider », relate Rathursini.

« On travaillait durant l’heure d’histoire-géo du vendredi, au CDI pour continuer à écrire des scènes et même le soir depuis chez nous, où les échanges ont été nombreux », indique Oriane.

Tout a été tourné au sein du collège, en dehors des cours : le réfectoire des professeurs devient un restaurant, une salle se transforme en boulangerie, etc. Si certains sont acteurs, d’autres constituaient l’équipe technique, pour l’organisation du tournage, le décor, le choix des accessoires.

Faute de temps, ce sont les professeures qui se sont chargées du tournage, en plans-séquences avec un téléphone portable, puis du montage.

On a sauté de joie

groupe BARA

Diffusé le 24 avril au collège en présence des parents et des professeurs, le film a été officiellement primé le 19 mai : il obtient le 4e prix sur 150 vidéos de sa catégorie. « Quand on l’a appris, on a sauté sur les tables, pleuré de joie et mangé des bonbons », se réjouissent les enfants.

Ultime récompense : les élèves ont pu assister au spectacle Les Petites Reines, programmé à Palaiseau dans le cadre de la saison culturelle, rencontrer la metteuse en scène et lui parler de leur projet, participer au Cyclomaton pour photographier leur "talent".

Au-delà de leur très grande fierté, ils ne manquent pas aujourd’hui de relever dans la cour les actes qu’ils jugent sexistes. Et surtout, ils sont soudés comme jamais : « Maintenant on ne se voit plus de la même façon, c’est un groupe plutôt qu’une classe, ça a créé des liens », soulignent Rémi et Titouan.

Pour voir la vidéo
A Galant Touch, c'est le 4e Prix !