Hommage à Robert Vizet

Cérémonie

La Ville a rendu hommage à Robert Vizet, maire de Palaiseau durant 14 ans, et décédé le 13 août dernier à l'âge de 94 ans. Les Palaisiens étaient invités à une cérémonie le mercredi 26 septembre à 18h30 devant la MJC, puis à 19h au théâtre de la Passerelle. Retrouvez le discours du Maire.

"Avec le décès de Robert Vizet, Palaiseau a perdu une figure importante de son histoire moderne et gardera le souvenir d’un homme qui a consacré sa vie au service des autres", souligne le maire Grégoire de Lasteyrie.

Un homme engagé

En 48 ans d'engagement municipal, dont 14 années passées à la tête de la mairie (il fut maire de 1959 à 1965 puis de 1971 à 1979), Robert Vizet a en effet marqué l'histoire locale. Il a accompagné la ville lors de son premier boom démographique, participant à l’entrée de Palaiseau dans l’ère moderne : construction d’écoles (Etienne Tailhan, Louise Michel…), d’équipements culturels (MJC, Conservatoire…) et sportifs (gymnases attenants aux groupes scolaires, stade Georges Collet…), de lotissements, de logements sociaux, et de zone d’activités (les Glaises notamment).

Il était membre du Parti communiste et fut résistant durant la guerre, ayant refusé de servir au sein des STO (service du travail obligatoire). Il s'engagea dans les Forces françaises de l'intérieur (FFI) lors des combats pour la Libération de Paris.

Il fut également conseiller général et député de la 4e circonscription de l'Essonne à deux reprises.

Le discours de Grégoire de Lasteyrie

Monsieur le Député Sébastien JUMEL,

Monsieur le Sénateur Pierre LAURENT,

Cher Guy VIZET,

Cher Matthieu VIZET,

Cher Charles HENRY,

Mesdames et messieurs les élus,

Mesdames et messieurs, chers amis,

 

Nous sommes ce soir réunis pour un événement particulier.

Un événement teinté de gravité, mais aussi de fierté et de reconnaissance.

Ce soir nous honorons la mémoire de l’un de nos aînés, l’une des grandes figures de la vie palaisienne, qui nous a quittés le 13 août dernier, après une vie entièrement dédiée à sa ville et à l’intérêt général.

Celui qui fut le maire de notre commune pendant 14 ans, qui siégea au conseil municipal pendant 48 ans, s’en est allé. Robert VIZET n’est plus, mais les Palaisiens se retrouvent ce soir dans la simplicité de ce moment pour se souvenir et lui rendre - par leur présence - un peu de ce qu’il nous a donné.

Ce moment est à son image : simple, vrai, authentique… il dit notre respect, notre affection et notre estime.

Il dit notre volonté de ne pas l’oublier.

Ce soir, nous sommes ici pour donner son nom - le nom de Robert VIZET - au bâtiment de la Maison des Jeunes et de la Culture de Palaiseau.

Ce geste n’est pas qu’une question de symbolique.

Il est aussi et surtout une illustration visible du lien indéfectible qui unissait Robert VIZET à notre ville, à sa ville.

Il rappelle aussi que Robert VIZET fut l’un des pères fondateurs de notre MJC.

Il témoigne surtout de son engagement permanent pour la jeunesse, pour la transmission, et pour la culture au sens large.

Honorer la mémoire de Robert VIZET, c’est se replonger dans un demi-siècle de vie palaisienne, c’est retrouver le charme et peut-être l’insouciance de notre ville d’avant, quand elle comptait moins de 10 000 habitants…

Ce Palaiseau d’avant le boom démographique des années 1960, ce Palaiseau de cocagne, Robert VIZET l’aura connu dans sa jeunesse et dans son engagement politique. Il l’aura vu évoluer, se transformer, se moderniser, arborer peu à peu le visage qui est le sien aujourd’hui.

De fait, Robert VIZET aura traversé de près ou de loin les grandes péripéties, les grands tumultes du siècle dernier.

Né à Igny en 1924, il a connu dans le café de ses parents, « A l’ami Jean », les souvenirs des épreuves de la Grande guerre, puis les grèves de mai 1936, l’arrivée du Front populaire, la guerre d’Espagne, et l’occupation.

Le jeune adolescent découvre ainsi la politique, qui devient alors - avec le football - sa grande passion. Elle ne le quittera plus. Et le mènera à un engagement de tous les instants.

Un engagement physique, entier, comme combattant dans la Résistance, pendant la libération de Paris, puis comme soldat au sein de l’armée française.

Un engagement militant au sein du parti communiste, lui l’ouvrier typographe de formation devenu imprimeur, qui sera resté toute sa vie fidèle à une espérance et au rêve des lendemains qui chantent.

Un engagement local enfin, qui le conduira en 1953 au conseil municipal de notre ville, comme 1er adjoint d’Eugène DELOGES, élu la même année maire de Palaiseau.

L’engagement : un mot qui cache les épreuves, les doutes, les combats, les risques.

Un mot qui dit une ligne de conduite, un fil conducteur, une raison d’être.

Un mot qui le définit tout entier, et qui fera de lui un élu respecté, exigeant, reconnu pour sa compétence, pour son honnêteté et pour son sens de l’autre.

Robert VIZET savait par expérience qu’une communauté humaine est fragile, qu’elle reconquiert chaque matin sa légitimité et que les gens attendent d’abord de leur maire de l’attention, de l’affection et de la considération.

C’est ainsi qu’il avait pu gagner peu à peu l’estime de tous, et notamment de ceux qui ne partageaient pas ses convictions politiques.

Au-delà de ces qualités humaines, Robert VIZET fut aussi un bâtisseur.

Comme je l’ai rappelé lundi dernier en conseil municipal, en citant Jean PACILLY qui lui succéda, « il n’est pas possible de dresser le bilan de tout ce qui a été fait » au cours de ses deux mandats de maire, de 1959 à 1965, puis de 1971 à 1979.

Tant l’œuvre fut féconde, diverse et souvent innovante.

Ainsi fut-il à l’origine – entre autres - de l’achat du site de Vaux, de la création d’écoles nouvelles, du lancement de la zone des Glaises, de l’ouverture du Foyer des anciens rue Tronchet, de la mise en service du conservatoire de musique et de l’inauguration de la salle municipale Guy VINET.

Autant d’actions qui reflètent un dynamisme, une efficacité et une vision, qui s’impose aujourd’hui à nous comme une évidence.

Mais ce soir je voudrais insister sur ce que fut son action au profit de la jeunesse et de la culture, et qui explique le choix du Conseil municipal d’honorer sa mémoire en donnant son nom au bâtiment de la MJC.

Homme d’engagement, de combat, de projet, Robert VIZET était aussi un formidable militant de la jeunesse.

Il savait l’importance de la culture, de la transmission et de l’échange.

Ces convictions ont sans doute joué un rôle dans la création de la première Maison des Jeunes et de la Culture.

C’était en 1960, rue Voltaire. Le succès fut tel, qu’il fallut très vite, faute de places, songer à déménager.

Robert VIZET lancera alors un projet de nouvelle MJC dans le parc de l’hôtel de ville, qui sera finalement inaugurée, quelques années après en 1967, par son successeur André HARDY.

Depuis, la MJC a poursuivi son chemin, elle a connu une rénovation importante en 2016, mais elle est restée fidèle à ses valeurs de partage, d’ouverture et de convivialité.

A l’image de son père fondateur, qui aura toute sa vie porté l’espérance d’un monde de reconnaissances réciproques.

« Le monde ne tient debout que par un peu de vertu », disait Renan.

Cette vertu, Robert VIZET l’aura - plus que d’autres - incarnée et personnifiée.

Sa vie d’élu, de conseiller général, de député, et de sénateur n’aura jamais altéré cette authentique soif de servir et de s’engager.

A l’image de sa génération, il était un homme de devoir et de parole.

Un homme, dont l’exemple résonne encore pour nous comme un appel :

Un appel à l’action ; un appel au respect ; et un appel à l’exigence.

Ce soir, nous voulons simplement lui rendre hommage.

Nous savons ce que nous lui devons.

Nous savons ce combien il a servi et aimé Palaiseau.

Nous savons que son départ ne constitue en rien une fin définitive.

Tant sa vie restera pour nous un témoignage et une référence.

Cher Robert VIZET, vous resterez toujours parmi nous, parmi les vôtres, présent dans le cœur des Palaisiens !