La gare militaire

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Suite à sa défaite contre la Prusse en 1870, la France se dote d’un réseau complet de fortifications pour protéger ses frontières et les grandes villes (le système Séré de Rivières). La place de Paris se voit alors dotée d’une seconde ligne de 18 forts (dont le fort de Palaiseau, actuel ONERA) et 38 batteries (dont la batterie de la Pointe et celle de l’Yvette qui héberge aujourd’hui l’ENSTA) édifiés entre 1874 et 1881.

La grande ceinture

A la même époque est décidée la construction de la ligne dite de « Grande Ceinture », une ceinture ferroviaire autour de Paris à une quinzaine de kilomètres en moyenne du boulevard périphérique. Elle doit assurer l’interconnexion des lignes reliant la capitale à la province et soulager la ligne de Petite Ceinture créée précédemment. Elle est doublée sur une portion Est par la « Grande Ceinture complémentaire » et sur une portion Sud-Est par la « Grande Ceinture stratégique ».

Cette ligne passant juste derrière les forts qu’elle ravitaille, relie Satory et Vincennes avec des chemins de fer venant de province et facilite le déplacement des troupes.La gare de Massy-Palaiseau est construite en 1886 sur la « Grande ceinture stratégique ». Le nœud ferroviaire (en liaison avec la ligne de Sceaux) comporte une importante gare de triage pour les marchandises qui deviendra un enjeu stratégique pendant la guerre.

Une gare militaire

La proximité du réseau ferré déjà existant à Massy détermine la création de la Gare militaire. En 1892, des travaux de terrassement sont engagés. On fait venir des rails des aciéries du Nord afin de créer deux voies de chemin de fer. Des quais de déchargement et un axe d’aiguillage voient le jour. Les wagons de marchandises servent au transport des bêtes ou au transfert de munitions des ateliers vers les arsenaux ou les forts nouvellement construits.

En complément du réseau principal, les militaires mettent en place des voies de 60 cm pour la distribution interne de la gare et pour transporter le matériel jusqu’au fort, sur le plateau.

En 1916, au plus fort de la guerre, on ne compte pas moins de dix trains par jour venant des ateliers de Puteaux. Les troupes cantonnent sur les friches adjacentes, attendant leur transfert vers le front. La gare militaire reçoit des prisonniers allemands qui seront affectés au chargement des trains. Durant le conflit, la gare ne va pas connaître de destruction.

A l’épreuve du feu

Lors de la seconde guerre mondiale, Paris est déclarée « ville ouverte » le 13 juin 1940. Le 14 juin, les éléments mécanisés allemands arrivent à Massy. La gare militaire est immédiatement occupée et l’armée allemande va alors acheminer les munitions et les armements sur les casernements occupés de Saint-Cyr, Villacoublay, Savigny… A partir de 1941, la gare militaire qui n’avait qu’un rôle de cantonnement, commence à recevoir des approvisionnements réguliers des industries locales, et plus particulièrement des usines métallurgiques et chimiques situées à Massy, à Palaiseau et le long de la Ceinture Stratégique.

Durant les préparatifs du débarquement allié de 1944, industries et nœuds de communication attirent inévitablement les bombardements des avions alliés. Tous les ponts, ouvrages d’art, gare de triage, bases de la Luftwaffe, trains sont systématiquement attaqués. Dans la nuit du 2 juin 1944, la ville de Massy reçoit les premières bombes : 344 tonnes de bombes écrasent les installations ferroviaires. La gare militaire est touchée mais sans dégâts importants. Elle est vite réparée.

Suite au débarquement des Alliés le 6 juin 1944, onze trains de munitions sont chargés pour aller soutenir le front allemand. Dans la nuit du 8 juin, 337 bombardiers britanniques ciblent les gares de la banlieue parisienne dont celle de Massy-Palaiseau. Les dégâts sont lourds surtout pour les habitations proches de la gare principale.

Devant l’importance des stocks de munitions acheminés, la RAF (Royal Air Force) décide d’un raid massif sur Massy dans la nuit du 11 au 12 juin : 225 appareils détruisent la gare, le nœud ferroviaire, la gare de triage militaire, les aiguillages. Le 27 juillet, un bombardement de jour est entrepris sur les restes de la gare et de la gare militaire.

Une nouvelle vie

A partir du 15 août, les Allemands font sauter les dépôts et les installations pouvant servir à l’ennemi : les voies et les générateurs sont détruits et les réserves d’eau rendues inutilisables. Le 24 août à 17 heures, les chars de la 2e DB entrent dans Massy.

Très vite, aidé des cheminots, le génie va remettre en état les voies et les installations de la gare principale ; la gare militaire est délaissée et abandonnée à un ferrailleur.Dans les années 50, les restes d’infrastructures seront utilisés par les habitants. Le terrain sera utilisé pour les matériels réformés de l’armée et servira de décharge pour les promoteurs immobiliers, avant de connaître une nouvelle vie en 2014.

 

 

Lieux et faits marquants

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Musée du Hurepoix

une salle du musée du hurepoixIl fut créé en 1991 à l’initiative des membres de la Société historique de Palaiseau. Il est situé au sein de l’hôtel Brière, demeure typique du XVIIe siècle composé d’un corps de bâtiment central avec deux ailes en retour. Le musée retrace l’histoire de la ville, tout au long du XIXe siècle et du début du XXe siècle. Au cours d’une visite guidée, vous découvrirez la vie locale de l’époque sous ses aspects économiques, sociaux et culturels.

Contact :
 
Hôtel Brière
 5, place de la Victoire
 Tél. : 01 69 31 45 70
site : www.musee-palaiseau.com 
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Mémoire de Lozère

Cette association regroupe des habitants du quartier de Lozère qui recherchent des documents et témoignages relatifs à leur quartier des origines à nos jours.

Contact : 
 
Jacqueline Bizet : 01 60 14 70 51
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Site internet : http://memoiredelozere.free.fr