Hommage

Hommage national à Samuel Paty

Suite à l'hommage national rendu mercredi 21 octobre à Samuel Paty, un cahier d'hommage est à votre disposition à l'accueil de l'Hôtel de Ville.

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Hommage national

Mercredi 21 octobre, sur le parvis de l’Hôtel de Ville, un hommage national a été rendu en l’honneur de l’enseignant assassiné, Samuel Paty. Un hommage vibrant et émouvant qui a rassemblé de nombreux Palaisiens pour entendre, aux côtés des membres du Conseil municipal, le discours du maire Grégoire de Lasteyrie, (ci-dessous) suivi d’une minute de silence puis de La Marseillaise.

Un cahier d'hommage est à votre disposition à l'accueil de la mairie, vous pouvez y déposer vos mots d'affection à destination de la famille de Samuel Paty, à qui il sera remis. 

« Mesdames, messieurs, chers Palaisiens,

Nous sommes venus ce soir pour honorer la mémoire de l’un des nôtres. Un professeur d’histoire-géographie. Un professeur de collège, respecté et apprécié. Un enseignant : l’un parmi tant d’autres. Il aurait pu être notre voisin, notre ami, notre collègue, le prof de nos enfants.

Il est mort vendredi 16 octobre 2020 à 30 kilomètres d’ici, à Conflans-Sainte-Honorine, assassiné, supplicié, martyrisé, victime du terrorisme islamiste… Simplement parce qu’il faisait son travail, parce qu’il défendait nos valeurs, parce qu’il enseignait les principes de liberté qui sont au coeur de notre histoire et notre pacte national. Parce qu’il cherchait à élever les consciences et à former de futurs citoyens équilibrés et responsables. Parce qu’il croyait à la noblesse et à la vérité de sa mission.

En ce jour d’hommage national, je souhaite – au nom de l’ensemble des élus du conseil municipal, au nom de tous les Palaisiens - adresser à la famille et aux proches de Samuel Paty nos très sincères et affectueuses condoléances. L’horreur de sa mort nous a tous bouleversés, nous renvoyant à une réalité que nous préférons parfois ne pas regarder, tant elle nous semble sidérante.

Peut-on décapiter un homme parce qu’il ne pense pas comme vous ? Peut-on décapiter un homme parce qu’il croit à la liberté de croire, de penser et s’exprimer ? Peut-on décapiter Voltaire, Rousseau, Montesquieu… ? Au-delà de la meurtrissure de ce drame abject, ce sont les principes fondamentaux de la République et de la France qui sont attaqués. Et c’est un peu de nous-même qui est massacré. Et cela n’est plus acceptable.

Cette barbarie aveugle et irrationnelle n’est plus recevable. Nous ne pouvons plus faire comme si de rien était, nous ne pouvons plus dire que nous ne savons pas, nous ne pouvons plus minorer et excuser ce qui relève de l’indicible et ce qui conduit à cette haine. Ce qui compte aujourd’hui c’est de dépasser notre peine et notre effroi, et de trouver ensemble la force et la persévérance pour triompher de cette violence islamiste.

Nous savons qu’une civilisation a la même fragilité qu’une vie. Mais nous savons aussi que ce qui nous unit, malgré nos différences, est plus fort que tout. Et nous savons que nous avons dans l’Histoire affronter des adversaires tout aussi redoutables. À nous, chacun à notre niveau, d’en prendre conscience et d’accepter la part qui est la nôtre dans ce combat : dans ce combat de toujours, qui oppose depuis la nuit des temps la civilisation à la barbarie.

C’est sans doute là le plus bel hommage que nous puissions rendre à Samuel Paty. »