Culture

Claire Assémat & Olivier Bonnin

SCULPTEURS, MEMBRES DE L'APSP

À notre échelle, nous souhaitons encourager cet intérêt pour l’art et la culture le plus possible !

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« Algorithmes », une galerie d’art palaisienne

On ne soupçonne pas ce qui nous attend en passant la porte étroite de la galerie « Algorithmes » située 179 rue de Paris… Une galerie-atelier s’ouvrant sur un grand jardin, le tout abritant une grande variété d’œuvres d’Olivier Bonnin et de Claire Assémat. Sur fond de musique et entre deux traits d’humour, ces deux figures complices du paysage artistique palaisien nous ont raconté leurs parcours, jusqu’à leur exposition commune permanente à la galerie « Algorithmes ». Reportage.

  • Comment êtes-vous arrivés à la pratique artistique ?

Olivier Bonnin : J’ai intégré l’école des Beaux-Arts en 1969, où j’ai bénéficié de l’enseignement du peintre et sculpteur Jacques Yankel, passionné d’arts primitifs. Je me suis d’abord consacré à la peinture pendant 10 ans, avant de me découvrir une vocation pour la sculpture… et en particulièrement la sculpture de la main ! Il y a quelque chose de fascinant à représenter une main, car elle exprime et signifie toujours quelque chose. Même après 10 ans de travail sur le sujet, je n’ai toujours pas fait le tour de la question ! 

Claire Assémat : Dès mon plus jeune âge, j’étais attirée par tout ce qui touchait à la matière : pâte à modeler, dessin, poterie… J’ai mis mes talents au service de la santé en suivant une école de prothésiste dentaire à Lyon. J’ai pratiqué ce métier qui me passionnait pendant trente ans, tout en axant mes loisirs sur la peinture, le dessin et la sculpture ! Depuis que mes enfants sont indépendants, je m’adonne entièrement à ma passion artistique en créant, exposant, donnant des cours et des ateliers... Inspirée du grand sculpteur animalier François Pompon, qui a côtoyé Auguste Rodin et Camille Claudel, j’ai une prédilection pour les animaux que je sculpte en leur donnant toujours une certaine douceur, accompagnée d’une note d’humour !

  • Quelle est l’histoire de la galerie « Algorithmes » ?

OB : Cette galerie privée est en fait un espace aménagé de ma maison donnant sur la rue de Paris. La maison date de 1636 et cette pièce devait être une petite boutique à l’époque. Je l’ai aménagée et animée pendant une dizaine d’année, avant de me concentrer sur l’activité de l’Espace 181, galerie publique voisine dont je suis également le président. Celle-ci accueillait une dizaine d’expositions par an, et presqu’autant d’ateliers de peinture, de sculpture, ou encore de mosaïque… Il y a trois ans, Claire a découvert la galerie « Algorithmes » alors que ma fille la rouvrait temporairement pour y exposer ses photos : c’est là que nous nous sommes rencontrés, et ce fut le début d’une belle amitié ! Elle a souhaité raviver le lieu en y exposant nos œuvres respectives, et avec sa fibre commerciale, elle a su mettre en valeur l’entrée de la galerie. Nous avons souvent du passage, que ce soit des curieux ou des clients.

CA : Palaiseau ne s’arrête pas à la place de la Victoire, le quartier du Bout Galeux est aussi un lieu de culture qui continue de vivre ! Si mon métier en laboratoire ne me permettait pas d’être en contact avec la patientèle, le fait d’accueillir les visiteurs à la galerie permet un véritable échange enrichissant avec les Palaisiens !

  • Dans quels projets êtes-vous impliqués en ce moment ?

CA : Je donne des cours de sculpture le jeudi soir à l’Association des Peintres et Sculpteurs de Palaiseau (APSP) dont nous faisons partie, j’anime également un atelier de sculpture à Thalès Research & Technology (TRT) et au Comité d’action sociale de l’École polytechnique (CASEP) sur le Plateau. Récemment, j’ai exposé trois sculptures au 40ème Salon d’Art de l’APSP qui s’est déroulé à l’espace Salvador Allende, et une vingtaine de tableaux à la galerie éphémère de l’association SNL, avec laquelle je suis en lien depuis son ouverture. J’ai également contribué à l’événement « Octobre Rose » en travaillant le dessin de l’affiche du défilé, organisé par l’antenne locale de la Ligue contre le cancer et la Ville de Palaiseau, et en créant des panneaux sur le thème de la prévention et du dépistage.

OB : En plus d’exposer ensemble à la galerie « Algorithmes », avec Claire nous avons répondu à l’appel à projets lancé par la Ville de Palaiseau pour la création d’une œuvre monumentale à destination du quartier du Plateau. Notre proposition de sculpture commune est librement inspirée des « Causeuses » de Camille Claudel, nous espérons être sélectionnés ! Par ailleurs, il se trouve que je suis également directeur du « Bouffon Théâtre » à Paris – une autre de mes passions – et la pièce présentée par ma compagnie cette année figure au programme de la saison culturelle de Palaiseau : nous aurons le plaisir de jouer « Antigone de Thèbes » le 6 avril prochain au théâtre de la Passerelle !

  • Comment la crise a-t-elle impacté votre travail ?

CA : Avant la crise, la galerie n’était pas toujours ouverte et elle restait assez peu connue des Palaisiens. Puis il y a eu le confinement, les Palaisiens en télétravail se sont retrouvés à explorer le rayon d’1 kilomètre autorisé autour de chez eux... ils ont redécouvert qu’ils avaient une galerie d’art juste à côté ! Je me suis mise à fabriquer des masques, au début assez sobres à destination des hôpitaux, puis plus créatifs à destination du grand public. Comme j’aime travailler la matière, j’ai fini par en faire de petites œuvres d’art ! J’en propose de nombreux exemplaires à la galerie, tous uniques et originaux, même peints à la main… Il faut dire que ça a été un point d’entrée pour de nombreux Palaisiens qui, en venant découvrir les masques, ont redécouvert cet espace d’exposition. Finalement, la crise nous aura permis de développer une nouvelle visibilité pour la galerie !

OB : On sent qu’il y a une vraie demande et un véritable attrait pour la démarche artistique à Palaiseau. C’est une ville intéressante car elle cumule à la fois une proximité avec la campagne, et une émulation intellectuelle générée en partie par la présence de nombreuses écoles. Régulièrement, nous accueillons des groupes scolaires en visite à la galerie. À notre échelle, nous souhaitons encourager cet intérêt pour l’art et la culture le plus possible !

... Si vous passez devant la galerie et que vous trouvez porte ouverte, n’hésitez pas : entrez !

Galerie Algorithmes, 179 rue de Paris.

En période de confinement, vous pouvez vous procurer les masques en tissu de Claire Assémat sur son site internet.