Artisanat, Culture

Jean-Philippe Peyral

FONDATEUR ET DIRIGEANT DE COCKTAIL SCANDINAVE

Partir de rien est une force, parce que vous n’avez rien à perdre.

Publié le

De Palaiseau à Java…

C’est une enseigne incontournable dans le paysage économique palaisien depuis plus de trente ans. Mais quel visage se cache derrière la création de Cocktail Scandinave ? Certains d’entre vous le (re)connaissent quand, au détour d’un événement phare, le Festival Montagne et Musique, il accepte de venir exceptionnellement sur le devant de la scène. Jean-Philippe Peyral, pour le nommer, est de ces chefs d’entreprise qui préfèrent se tenir dans l’ombre pour mieux mettre en lumière le fruit de leur travail, en l’occurrence, Cocktail Scandinave. La marque s’est fait un nom, tout en sobriété et en originalité à l’image de son fondateur, en misant depuis longtemps sur une éthique écoresponsable. Rencontre.

Comme de nombreuses sucess-story, celle de Jean-Philippe Peyral et de Cocktail Scandinave tient à ces petits hasards qui peuvent changer le cours d’une vie. Pour le fondateur de l’enseigne et baroudeur dans l’âme, ce sera celui d’un Salon lors d’un voyage au Danemark en novembre 1985, alors qu’il attend son avion de retour. Il s’y rend et tombe immédiatement amoureux du style scandinave. À seulement 23 ans, il se lance avec une certaine inconscience et sans le moindre franc en poche, dira-t-il, dans l’aventure de l’entreprenariat. « On avait déjà un dépôt-vente à Palaiseau, rue du Docteur Morère, qui s’appelait « Au bonheur du fouineur ». En 1984, c’était le 2e magasin de ce genre à exister en France », retrace-t-il avant la création de Cocktail Scandinave. Du coup de cœur à l’inauguration, tout est allé très vite. La première boutique à Palaiseau, le vaisseau-mère, ouvre seulement 5 mois plus tard, en mars 1986.

Très discret sur sa vie, son parcours, Jean-Philippe Peyral est de ces entrepreneurs qui ne se dévoilent qu’à travers le prisme de leurs réalisations et de leurs projets. En d’autres termes, comprenez l’esprit de Cocktail Scandinave, et vous comprendrez l’homme qui l’a créé.

Si au départ, il en a eu l’idée, c’est bien à ses yeux le travail de toute une équipe de passionnés qui fait le succès de l’enseigne. « Il y a les mêmes collaborateurs autour de moi depuis plus de 30 ans. On travaille en direct avec la production, en France, en Indonésie, dans les pays scandinaves… On a nos propres équipes. Le côté humain est essentiel pour nous. Nous avons les mêmes partenaires depuis longtemps. Ils ont besoin de nous, et nous d’eux » confie notre entrepreneur qui tient à cette proximité, à ce lien presque familial avec tous ses collaborateurs.

Rien ne se perd, tout se transforme

Bien avant les autres, et dès le début, l’esprit de Cocktail Scandinave s’est démarqué par ses choix écoresponsables. « Notre cœur de métier, c’est le bois recyclé à qui l’on va donner une seconde vie pour devenir une table, une chaise, un lit, un pied de lampe… Juste avant le confinement, je venais par exemple d’acquérir le bois de vieux bâteaux de pêche sur une plage indonésienne. Nos meubles ont une histoire. C’est ce qui plaît à nos clients ».

Côté magasin, le dernier né de l’enseigne a ouvert il y a 4 ans, à La Rochelle. Quant au prochain ? Jean-Philippe Peyral confie réfléchir à une possible ouverture dans l’Est de la France.

Une enseigne au patrimoine local

Attaché historiquement à la ville de Palaiseau, Cocktail Scandinave n’est pas qu’une simple enseigne commerciale. Elle participe pleinement à la vie palaisienne, vous dira son fondateur. Pour preuve, le restaurant-hôtel La Cabane ou encore le fameux Festival Montagne et Musique organisé au profit des associations d’enfants malades ou maltraités Étoile des neiges et Caméléon depuis plus de 20 ans, qui n’aura hélas pas lieu cette année. « On aura attendu jusqu’au dernier moment pour y renoncer et annuler la programmation » confie-t-il. Mais Jean-Philippe Peyral n’est pas homme à se laisser abattre. Cloué au sol depuis mars dernier, lui qui a sillonné 1 500 000 km en 10 ans, a finalement rebondi avec l’aide de la mairie, en organisant dernièrement un Salon dédié aux professionnels à Palaiseau.

Avare de confidences personnelles, il confie toutefois en repensant à ses débuts qu’il n’imaginait pas devenir cet entrepreneur. Avec le recul, il en tire au-delà de la fierté, une leçon à méditer : 

« Partir de rien est une force, parce que vous n’avez rien à perdre ».

NB : Comme pour les Daft Punk, vous ne connaîtrez pas le visage de Jean-Philippe Peyral (qui préfère rester discret). Mais vous pourrez sûrement l'apercevoir l'année prochaine, lors du Festival Montagne et Musique ! Un moment fort dans le calendrier événementiel palaisien qui accueillait lors d'une précédente édition, l'artiste québécoise Mamselle Ruiz (en photo).