Service public

Laurent Munerot

Président de la chambre régionale des métiers et de l'artisanat d'Île-de-France

Palaiseau est une commune qui a su rester dynamique, et cela malgré un territoire très étendu.

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Palaisien depuis 30 ans et résident du quartier Lozère, Laurent Munerot est de ces habitants discrets qui œuvrent dans l’ombre pour servir l’intérêt commun. Président de la Chambre Régionale de Métiers et de l’Artisanat d’Île-de-France (CRMA IDF), dirigeant d’Orthésyst, un laboratoire d’appareils dentaires (orthodontie et occlusodontie), il nous dévoile son histoire.

« Je suis plus un homme de dossiers. Je préfère le secret de mon bureau, des séances de travail en commissions plutôt que la lumière des médias », concède Laurent Munerot. L’aveu semble presque paradoxal quand on découvre son curriculum vitae. Si la liste de ses nombreuses fonctions impressionne au premier abord, il a su rester simple et vrai.

Le temps de l’apprentissage

Originaire des Loges-en-Josas, Laurent Munerot grandit dans ce petit village yvelinois, à deux pas de Versailles. « On avait les vaches qui mangeaient les rosiers au fond du jardin », se souvient-il, avant de souligner le charme de ces villes qui ont su comme Palaiseau conserver un cadre de vie et de verdure tout en se métamorphosant. Alors qu’il suit un baccalauréat D (Mathématiques et Sciences naturelles) au Lycée Hoche, il traverse un drame. « Mon père est décédé à cette époque-là », confie-t-il. « J’ai alors décidé de réorienter mes études vers une filière "courte" ». Cinq ans plus tard, le CAP et la Maîtrise en poche, il devient prothésiste dentaire. 

L’artisan au service des artisans

Poussé par l’envie de transmettre, Laurent Munerot alors salarié dans un laboratoire à Igny, forme les nouveaux venus et se lance en même temps dans l’enseignement en donnant des cours au CFA de Versailles. Là même où il était quelques années plus tôt, jeune apprenti. Naturellement, de responsabilités en fonctions, alors qu’il a repris à son compte la société Orthésyst installée désormais à Orsay, il devient secrétaire général, puis président du Syndicat professionnel des prothésistes dentaires jusqu’à la présidence de la Fédération européenne de la corporation. A la même époque, il est élu Président de la Chambre des Métiers et de l’Artisanat de l’Essonne avant d’être désigné à la tête de celle d’Île-de-France et d’être appelé sur d’autres postes. « Toutes ces casquettes découlent du travail que l’on réalise et de l’expertise qu’on a dans certains domaines », se défend aussitôt Laurent Munerot de toute idée de cumul de mandats. « Je suis très attaché à ces missions que j’ai à cœur de représenter du mieux que je peux malgré le lot de difficultés et déceptions inhérentes à tout engagement que je rencontre régulièrement », reconnaît Laurent Munerot qui ne touche aucune indemnité pour ces fonctions hormis pour le poste de Président de la CRMA IDF.

Palaisien and co

Même si l’artisanat reste la 1e entreprise de France comme il aime à le rappeler, « les problématiques d’une petite société de 8 à 10 personnes, d’un boucher ou d’un pharmacien sont les mêmes. Elles tournent autour du recrutement, de la formation, du poids des charges sociales, de la désertification des centres-villes… », fait-il remarquer. Sur ce dernier point, le Président comme le Palaisien de cœur cite en exemple l’attractivité économique de la Ville : « Palaiseau est une commune qui a su rester dynamique, et cela malgré un territoire très étendu », et d’ajouter, « Ce n’est pas évident de faire vivre un centre-ville quand on a des grands centres commerciaux à proximité. Le danger, c’est la non-diversification de l’offre de commerces et de ne retrouver finalement que des banques et des groupes d’assurances dans un même secteur. Pour ma part, je milite pour qu’il y ait beaucoup d’artisans-commerçants, des bouchers, des boulangers…, mais aussi des activités comme des encadreurs, des menuisiers, des peintres en bâtiment… ».
Bien que l’entrepreneur regrette de ne pas avoir trouvé un local pour installer son laboratoire à Palaiseau, le père de famille reconnaît tous ses atouts : la présence d’écoles, de collèges et de lycées, une offre de transports diversifiée, un réseau routier important à proximité. « Mes fils ont grandi à Palaiseau et sont attachés autant que moi à cette ville. L’un d’eux travaille dans notre entreprise, l’autre dans le BTP et le dernier se destine à une carrière dans le marketing », souligne-t-il pour conclure. Palaiseau, c'est trente ans d’une vie, et surtout d’une histoire de famille avant tout…